• 288300 visits
  • 414 articles
  • 1792 hearts
  • 1701 comments

20/09/2010





DERNIERS MAUX DE CE BLOG 16/12/2011


Chers lecteurs, je termine cet hiver et vous dis au revoir de la même façon dont je l'ai commencé, c'est-à-dire avec 10 nouveaux articles qui sont visibles dans les dernières pages. Plus précisément à partir du second article de la page 135.






______

Montage : CROIX INVERSÉE d'Adrien Balboa (2010).

UN SINGE EN HIVER 28/03/2010

Play the video

    
  
 
Je suis rentré d'Indochine hier matin
J'ai rapporté des dahlias et du jasmin
J'y ai laissé ma jeunesse et ma moto
Je suis rentré d'Indochine

Sur la piste Ho-Chi-Minh j'aurais dansé
En l'honneur du Vietminh j'aurais fumé
Je suis rentré d'Indochine hier matin
J'ai rapporté des dahlias et du jasmin

Bob Morane est étendu
Brigitte Béjot entendue
Oh oh oh
Voilà un singe en hiver
Oh oh oh
J'entends plus les hélicoptères

Je suis rentré d'Indochine et j'ai trouvé
Une vie bien trop facile, bête à crever
J'ai déposé mes dahlias et mon jasmin
Je suis reparti j'ai dit « Salut, j'vais voir plus loin »

Plus loin c'est toujours l'Indo que j'ai trouvé
Partout c'est l'Indo ma vie ça on le sait
Et depuis je pars toutes les nuits
Je dépose un dahlia au pied de nos vies

Oh oh oh
Voilà un singe en hiver
Oh oh oh
J'entends plus les hélicoptères

Paroles et musique : Jean-Louis Murat.






______

UN SINGE EN HIVER d'Indochine, final de l'album PARADIZE (2002 BMG).

UN SINGE EN HIVER : QUAND GABIN RENCONTRE BELMONDO 28/03/2010


 


Village de Tigreville, en Normandie, un jour de juin 1944. Pendant un bombardement, Albert Quentin (Jean Gabin), un hôtelier qui aime boire à volonté par nostalgie de son séjour en Chine, jure à sa femme (Suzanne Flon) de ne plus toucher à un verre d'alcool s'il en sort vivant et si leur établissement est encore debout.
15 ans plus tard. Albert et sa femme sont encore vivants et leur hôtel est toujours ouvert. Il n'a plus touché à un verre depuis ce bombardement et ne parle plus à ses hommes de bar.
Gabriel Fouquet (Jean-Paul Belmondo), un publicitaire, débarque dans ce petit village et prend une chambre chez Albert. Gabriel boit pour oublier une femme, et a fait escale à Tigreville afin de voir sa fille Marie (Sylviane Margollé), qui est au pensionnat du coin. L'alcool, lui, le fait voyager en Espagne.
Trop pris par la tentation, un jour Albert va se mettre à accompagner Gabriel pour voyager une dernière fois...
Cette histoire est celle du film UN SINGE EN HIVER (1), sorti en mai 1962. Ces deux personnes, qui sont quelque part comme perdues, sont comme vous l'avez lu jouées par Jean Gabin, qui à l'époque n'avait plus rien à prouver, et Jean-Paul Belmondo, qui était devenue une star grâce à la Nouvelle Vague un an et demi plus tôt (au moment du tournage, fin 1961).
UN SINGE EN HIVER est un chef-d'œuvre à la fois poignant, profond, poétique et drôle du cinéma français. Pour tout ça on peut remercier Henri Verneuil, qui a fait une réalisation sublime (une de ses meilleures), Gabin, qui est ici dans une forme olympique - puis qui est d'ailleurs dans un de ses plus beaux films -, tout comme Belmondo, et Michel Audiard, dont certaines de ses répliques sont plus que savoureuses - à mes yeux, son travail pour UN SINGE EN HIVER fait partie de ses plus grands écrits -. En voici quelques-unes pour le prouver :

« Mourir saoule, c'est mourir debout et je m'fous des racontars. L'Histoire jugera madame. »
« Une paella sans coquillages, c'est un gigot sans ail, un escroc sans rosette. »
« Arrière les Esquimaux ! Je rentre seul. Un matador rentre toujours seul ! Plus il est grand, plus il est seul. Je vous laisse à vos banquises, à vos igloos, à vos pingouins. ¡ Por favor Señora ! À quelle heure le train pour Madrid ? »
« Ah ! Nous y voilà. Ma bonne Suzanne tu viens de commettre ton premier faux pas. Y'a des femmes qui révèlent à leur mari toute une vie d'infidélité, mais toi, tu viens de m'avouer 15 années de soupçon. C'est pire. »
« Écoute ma bonne Suzanne. Tu es une épouse modèle.
- Oh...
- Mais si, t'as que des qualités et physiquement, t'es restée comme je pouvais l'espérer. C'est le bonheur rangé dans une armoire. Et tu vois, même si c'était à refaire, je crois que je t'épouserai de nouveau. Mais tu m'emmerdes.
- Albert !
- Tu m'emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour, mais tu m'emmerdes ! »
« Dis-toi bien qu'si quelque chose devait m'manquer, ce serait plus l'vin, ce serait l'ivresse... »
« Si la connerie n'est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille. »
« Comme en 14 : investissons l'ouvrage ! »

On est tous des enfants devant cette histoire aux allures de fable. Devant ces deux acteurs aussi (surtout Gabin). La réalisation, les répliques et ce duo fameux font un ensemble extrêmement touchant.






______

1 = Réalisé par Henri Verneuil, avec Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo, Suzanne Flon, Noël Roquevert, Paul Frankeur, Sylviane Margollé, écrit par François Boyer et Michel Audiard d'après le roman du même nom d'Antoine Blondin datant de 1959 (1961 Cipra Films / Cité Films).

Photo : Louis Page (1961).